

| la récolte des châtaignes |
A la veille de la première guerre mondiale, la châtaigneraie s'étendait encore sur une surface de près de 90 hectares. C'est dire l'importance de cette production dans l'économie rurale d'autrefois. Bien que la châtaigneraie ait régressé dès les années 1920, la récolte des châtaignes s'est maintenue jusqu'à la décennie 1950-1960. Le terrible gel de février 1956 a provoqué le dépérissement de la plupart des vieux châtaigniers et la belle châtaigneraie sevriolaine a quasiment disparu. La récolte des châtaignes débutait fin septembre pour se poursuivre durant le mois d'octobre. Les femmes et les enfants faisaient des visites quotidiennes sous les châtaigniers pour ramasser les châtaignes tombées au sol naturellement. Les hommes intervenaient en montant dans l'arbre pour secouer les branches. Le ramassage au sol s'effectuait à l'aide d'une pince en bois pour ne pas se piquer les doigts aux piquants des bogues. Une partie de la récolte était destinée à la consommation familiale et le reste vendu sur les marchés d'Annecy. Pour assurer leur conservation pendant les premiers mois d'hiver, les châtaignes étaient stockées en cave avec leurs bogues ("pélié" en patois). Les châtaignes se dégustaient soit cuites à l'eau après avoir été épluchées, soit "bersolées" c'est-à-dire cuites avec leur pelure sur la braise ou sur la plaque de la cuisinière ou du poêle. Certains les mettaient ensuite tremper dans un verre de cidre. Les enfants partaient à l'école avec un chapelet de châtaignes "bersolées". Les "malanières", grosses châtaignes avec une pelure brune claire et les "rougines" plus petites constituaient les deux variétés principales. Auteur de ce récit : Jeannot Lyonnaz, Septembre 2008 Rédaction : Monique LAMY Illustration : André PERROT
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